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"Le monde entier était en alerte. Claire s'en moquait bien.


Elle vivait son propre cauchement privé.


Le rêve revenait chaque nuit : elle planait au-dessus d'un pays inconnu, agréablement au début, mais le vol devenait chute, la chute devenait panique, et elle se réveillait."


 


Wim Wenders, "Jusqu'au bout du monde"

Pour les 30 ans de Joe...

le 20/08/2010 à 23h46

Moi, j'avais le soleil
Jour et nuit dans les yeux d'Emilie
Je rechauffais ma vie à son sourire
Moi, j'avais le soleil
Nuit et jour dans les yeux de l'amour
Et la mélancolie au soleil d'Emilie
Devenait joie de vivre

Saez "Ceux qui sont en laisse"

le 16/08/2010 à 14h39

Tu voulais du médiocre et moi j'en avais pas,
Tu voulais l'univers et moi je n'avais que moi,
Tu voulais le silence quand j'étais que musique,
Qu'on marche parallèle quand j'allais qu'à l'oblique,
Tu voulais des rivières au milieu du désert,
Tu voulais les voyages, moi j'étais sédentaire,
Que je fasse des chansons qui m'emmènent aux sourires,
J'y peux rien moi je n'ai que des larmes à leur dire
Et des plaines de pluies pour unique empire...

Quand je serai parti qui lira mes poèmes ?
Un autre romantique qui se verra en moi,
Il se dira sans doute: "Oh c'est beau comme il l'aime! "
Mais qu'il sache que je n'ai jamais aimé que moi;
Qu'au lit ou dans le coeur l'égoïsme est la mère des générosités.

Que les femmes me pardonnent de n'être fait pour elle,
D'être comme un nuage qui recherche son ciel
De n'être qu'un navire toujours à la détresse,
Et cette envie de fuir de ceux qui sont en laisse ..
.

Pardonnez moi vous tous qui vous liez les mains
Vous qui pensez qu'à 2 vous ferez mieux le chemin,
Vous qui penserez que l'autre vous sauvera la peau,
Alors que de votre âme il fera des lambeaux
En amour que l'on soit le plus grand des guerriers
Ou la triste brebis qui cherche le berger,
On finit tous à terre à chercher les morceaux,
Au bord du précipice à deux pas du grand saut,
A deux pas du tombeau...

 


"Ca m'amuse toujours de voir un citadin se rendre compte de la violence inhérente à notre condition de carnivores. Voir s'effriter ce joli monde imaginaire où la truite, le poulet, le boeuf, tout sourire, nous offrent gracieusement leur chair, sur fond d'ode à la grandeur de l'humanité. Tu pièges l'animal, tu tues l'animal, tu manges l'animal, point. Si ça pose problème il y a toujours le brocolis, dont le regard n'est pas trop pesant." (p36)


 


"J'aurais rechigné à l'admettre, mais je ne me sentais pas trop mal; à mille lieues, du moins, de mon petit moment au fond du lac, assis dans la vase. D'avoir simplement de nouvelles choses sur lesquelles poser mon regard me distrayait. Mais, suivant la même logique, j'étais un peu irrité aussi; irrité de constater que, dans la vie, un peu de mouvement vous fait perdre toute perspective. Et inversement, je commençais à douter que l'immobilité puisse être garante d'une quelconque vérité, ou même de quoi que ce soit, tant qu'à y être. Certitudes fluctuantes." (p62)


 


"Du fond de ma nausée, j'enviais vaguement cette faculté d'exaltation qui était la sienne, cette propension à se fondre, comment dire, dans le moment, sans retenue, scepticisme ou discrimination. (...) Peu importait : "Est-ce qu'on s'amuse ?" leitmotiv frivole en apparence, et pourtant grave, mystique. C'était là la source de tous ses ennuis, sans doute, mais Dieu qu'il s'amusait.(...)


Bien au delà de ses attributs objectifs, il avait cette intengible qualité des êtres en perpétuel mouvement, des êtres d'eau vive. Ceux qui vous prennent par la main, vous prennent à témoin, vous éperonnent, ceux par qui arrivent les plus belles et les plus atroces aberrations, les guerres, les révolutions et les partouzes, le bouddhisme, la psychanalyse et les chips à saveur de pizza." (p86)


 


"- Le scrabble.


- Quoi...?


- Le scrabble. Ca me manque. Elle me bat au scrabble.


J'ai voulu dire quelque chose, mais que pouvais-je répondre à ça ? Comment raisonner un gars qui s'ennuie d'une fille qui le bat au scrabble ? C'était peine perdue, je pouvais lui faire une liste de toutes les atrocités qu'ils s'étaient mutuellement infligées, il n'aurait rien entendu. Je connaissais cette nostalgie sans antidote. Mémoire sélective." (p140)


  


"J'ai repris la route, avec l'impression d'avoir vécu les deux jours les plus parfaitement absurdes et inutiles de mon . Un accomplissement. J'en étais presque fier. " (p144)


 


 


 


 


 


 


 

L'energie de vie

le 22/06/2010 à 21h53

"la vie n'est pas uniquement la poussière retournant à la poussière, mais aussi de l'air retournant à l'air." Remarque d'une extrême importance et qui fonde toute la dimension intérieure de l'être humain. Car s'il est vrai que notre corps matériel est constitué des mêmes éléments que l'on trouve dans la terre, ce corps "fait de limon", cette matière, grâce à l'énergie qui l'habite, se transforme en lumiere, en chaleur, en multiples radiations qui font que l'homme participe à toute l'aventure du créé, et cela consciemment.


 


http://www.yoganet.fr/MBlog/pranayama-10.html

 


"Tandis que le rire du diable désignait l'absurdité des choses, l'ange voulait au contraire se réjouir que tout fût ici-bas bien ordonné, sagement conçu, bon et plein de sens.


Ainsi, l'ange et le diable se faisaient face et, se montrant leur bouche ouverte, émettaient à peu près les mêmes sons, mais chacun exprimait par sa clameur des choses absolument contraires. Et le diable regardait rire l'ange, et il riait d'autant plus, d'autant mieux et d'autant plus franchement que l'ange qui riait était infiniment comique.


Un rire ridicule, c'est la débâcle. Pourtant, les anges ont quand même obtenu un résultat. Ils nous ont trompés avec une imposture sémantique."


 


Milan Kundera, "Le livre du rire et de l'oubli."

Okakura Kazukô

le 10/03/2010 à 10h20

"Dissimuler la beauté que l'on est capable de découvrir, et à suggérer celle que l'on n'ose révéler. Tel est le noble secret du sourire adressé à soi-même, serein et pourtant si vaste; tel est aussi l'humour - ou le sourire de la philosophie."


 


"Rêvons d'evanescence et abandonnons-nous à la folle beauté des choses."


 


"Le ciel de l'humanité moderne s'est brisé en éclats dans la lutte pour le pouvoir et la puissance. Oui, ce monde avance à tâtons dans les ténèbres de l'égocentrisme et de la vulgarité. La connaissance s'achète au prix de la mauvaise conscience, la bienveillance se mesure à l'aune de l'utilité."

 

J'aurais aimé tes tics, tes tocs, tes manies
Supporté tes reliques au dessus de ton lit
Supporté ta mére et ses états d'âmes
Séduit ton pére, joué à la dame
Fringuée en pouf pour tes soirées pourries
J'aurais souri à des cons en buvant toute la nuit
Je serais aller voir ces nazes de pros de riquaines
Et je me serais même mise à la flûte colombienne

J'aurais laissé tombé mon groupe, la musique
Sur un coup de tête partir en Afrique
Pour toi j'aurais vidé mes comptes banquaires
Et tapé du fric à ma mére
J'aurais renonçé à un enfant même aprés trois avortements
Je me serais fait refaire les seins même si j'en avais pas besoin...

*


Se noyer dans le travail ou dans les films. Jouer un rôle. Ne plus penser. Noyer tout ce vide, ce temps qu'on aurait tout donné pour arrêter il n'y a pas si longtemps.

 

 

J'essuierai mes larmes sur ma manche
Réchaufferai dans mes mains ta main blanche
Embrasserai encore l'espoir
Qui fait qu'on s'accroche à un soupir
Que pour un rien on s'échafaude un avenir

Mais ceux qu'on aime... ils partent

J'essuierai mes larmes sur ma manche
Ravalerai en moi l'avalanche
Je ne céderais rien au chagrin
Qui souffle quand il n'y a rien à l'horizon
Qui hurle quand la vie nous fait faux bon
Qu'on s'en remet... au hasard

Alors ça y est c'est déjà demain ?
C'est maintenant que l'on se souvient
Un peu trop fort, un peu trop... bien

J'essuierai mes larmes sur ma manche
Ravalerai chaque fois les avalanches
Je ne céderai rien !
Au chagrin

J'essuierai mes larmes sur ma manche.